Mardi 26 janvier a eu lieu dans toute la France une grève et des manifestations des personnels de l’éducation (enseignant-es, infirmièr-es, assistant-es sociales, assistant-es d’éducation, CPE, AESH, ATSEM, conseillèr-es d’orientation, personnel administratif et technique,…), des étudiant-es et des parents d’élèves.

Iels dénoncent les conditions de travail depuis un an dues à la crise sanitaire et son protocole « hors des réalités de terrain » qui se rajoutent aux conditions déjà précaires voire dangereuses des dernières années dans l’enseignement (classes surchargées, postes non renouvelés, des réformes non adaptées à la réalité des établissements).

Du côté des personnels de l’éducation et des parents d’élèves, le constat est sans appel. A l’heure où les DHG (Dotation Horaire Globale qui indique le nombre d’heures d’enseignement allouées pour chaque matière et classe dans un établissement) tombent dans chaque établissement de France, iels voient des postes supprimés et des classes fermées alors que le nombre d’élèves scolarisés est croissant. Conséquences : des heures supplémentaires pour les personnels, des classes surchargées d’élèves (plus de 30 par classe), un nombre d’éducateurs-trices encadrant-es de 1 pour 150 à 200 élèves.

Les exemples sont légions rien que dans l’agglomération lyonnaise. Au lycée Brossolette, pour un nombre égal d’élèves le lycée bénéficiera de 38 heures de moins par semaine: cela met par exemple en péril les enseignements en groupe de moins de 35 élèves pour les langues, l’accompagnement personnalisé ou encore l’existence des options européennes, artistiques ou sportives. Dans les collèges, le constat est pire : des fermetures de classe, des postes supprimés alors que les effectifs d’élèves augmentent comme dans les collèges Louis Jouvet, Gratte-Ciel, Tonkin à Villeurbanne et le collège Aimé Césaire à Vaulx-en-Velin. Près de Strasbourg, le lycée de Bouxwiller voit sa DHG baisser d’année en année: 754 heures en 2017 à 650 après la réforme Blanquer pour en arriver à 625 à la rentrée 2021. L’établissement est donc contraint d’accepter 76 heures supplémentaires (contre 36 cette année) et de fermer des options.

Le statut des REP et des REP+ (éducation prioritaire) où se trouvent plus de moyens et de personnels pour des établissements recevant un public plus défavorisé, risque de disparaître et les moyens avec, suite à une nouvelle réforme. Actuellement à Givors (agglomération lyonnaise), deux enseignants du collège Lucie Aubrac sont en grève de la faim pour obtenir le statut de REP+ pour leur établissement. Pour en savoir plus nous relayons ici leurs vidéos journalières : https://www.youtube.com/channel/UCbzvkPzcb6zQeHj341yBuFA/about

Les infirmièr-es scolaires pourraient disparaître à cause de la « loi 4D » présentée en conseil des ministres début février. Cette loi vise notamment à faire dépendre les infirmièr-es scolaires non plus de l’Education Nationale mais du Département et iels ne seraient plus rattachées à un établissement en particulier. Iels ne pourront plus alors être présent-es pour les élèves, les orienter, les conseiller, les dépister et faire de la prévention. Ce qui pourrait surcharger le service de Vie Scolaire (surveillant-es et CPE) par la suite dans l’accompagnement déjà difficile des élèves.

Les étudiant-es, qui depuis 1 an se font appeler la « Génération Covid », dénoncent la très grande précarité dans laquelle iels se trouvent et les conditions d’étude alors que toutes les universités sont fermées. Rester devant un écran 8 heures par jour avec des connexions défaillantes, ne pas avoir de vie sociale, ne pas avoir de « job étudiant » provoque des dépressions voire des tentatives de suicide ou des suicides. Deux étudiant-es lyonnais-es en Droit ont tenté de se suicider, une étudiante en Médecine sur Paris s’est suicidée en janvier. La queue dans les divers centres de distributions alimentaires ne cesse de croitre dans toutes les villes de France et elle a vu apparaître des étudiant-es.

Le mot « avenir » pour nos jeunes et nos enfants revient toujours dans les slogans. On peut se poser la question et alerter le gouvernement aujourd’hui: quel avenir pour notre jeunesse?

Justine

Crédit photo: Lagertha Photographie

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